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#28 juin 2012

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UbiQ 2012 explore le divertissement numérique

Les professionnels du divertissement numérique se sont donné rendez-vous à Paris, les 18 et 19 juin derniers. Pour sa première édition, le salon UbiQ, dont l'Ina est partenaire, a réuni 226 sociétés de 30 pays différents, 550 participants et 80 conférenciers internationaux dans le cadre prestigieux du Palais Brongniart.

« L’ambition d’UbiQ est de créer un événement professionnel International entièrement dédié aux contenus et applications de divertissement numérique (vidéo, musique, jeux vidéo, applications interactives) à destination de toutes les plateformes de diffusion (télévision, internet, mobile, tablettes…), résume Gwénael Flatres, fondateur d’UbiQ Events. L’idée est de provoquer un vrai partage d’expériences entre les différents opérateurs pour faire face aux enjeux d’une industrie en pleine mutation. »

Captiver, impliquer, monétiser et mesurer le retour sur investissement… Ces quatre axes majeurs ont été explorés pendant deux jours au Palais Brongniart, lieu symbolique aspirant à devenir un hub digital en plein cœur de Paris. Menés à la baguette par un maître de cérémonie impulsant le tempo de ce déroulé à l'américaine, les nombreux intervenants se succèdent rapidement à la tribune. « Le vent tourne, annonce en préambule Randi Zuckerberg, qui a introduit le livestreaming chez Facebook et vient de fonder RtoZ Media (ses initiales), entreprise de consulting et de production. La vidéo en ligne commence à devenir une entreprise viable, avec des gens aujourd'hui prêts à payer pour un contenu d’excellente qualité et pour vivre de nouvelles expériences digitales. »


Ubiq 2012

Le Palais Brongniart a accueilli la première édition d'UbiQ Paris, les 18 et 19 juin derniers.


Lui succédant à la tribune, Doug Scott, président d'Ogilvy Entertainment, est revenu sur les bouleversements traversant le monde des médias : « Un monde de multi-écrans fonctionnant sur le mode on-demand, un monde où chacun peut devenir un média, un monde qui oblige les marques à repenser la conception de leurs messages et à adapter leur diffusion aux médias sociaux ». Fini le placement de produit. Place au Brand Content, à la contextualisation du message, au storytelling dynamique et à la recommandation, affirme Doug Scott.

Vice président de Viacom International Media Networks, Philip Bourchier O'Ferrall a rappelé de son côté que « ce passage du mass media au my media implique d'envisager les actions et les campagnes de façon plus globale, pour générer de l'engagement personnalisé sur toutes les plateformes ». En matière de contenu digital, la notion d'engagement revient avec insistance. Pour le producteur Endemol, l’objectif est de « transformer les internautes/spectateurs en fans engagés pour leur vendre des services ».

En matière de Smart TV (TV connectée), le fabricant coréen Samsung ne lésine pas sur les moyens : déjà 1400 applications développées fin 2011, 3 millions de téléchargements par mois. Et une triple stratégie : permettre une interaction intelligente (reconnaissance vocale, motion control, etc.), développer des contenus segmentés (familles, enfants, forme et santé) et prévoir une évolution continue de l’équipement TV grâce à un kit de mise à jour. Leur signature ? « Le futur de la TV intelligente dès aujourd’hui ».

Société californienne d’une centaine de personnes commercialisant des services basés sur le partage de fichiers en pair à pair, Bit Torrent cherche de son côté, au-delà des défis techniques pour augmenter la bande passante, à « engager les jeunes adultes dans de nouvelles expériences médias et à aider les artistes à rencontrer leurs fans ».


Ubiq 2012

Pendant deux jours, les participants ont pu écouter quelque 80 conférenciers internationaux.


A l’heure des réseaux sociaux, l’industrie musicale teste elle aussi de nouveaux modèles économiques. Premier site d'écoute de musique à la demande, la plateforme musicale française Deezer (1,5 millions de souscripteurs, 23 millions d’utilisateurs, 88 pays) entend être présent sur tous les appareils et les supports. Leur promesse ? : « Ecouter votre musique partout où vous êtes ». La stratégie ? Un lien privilégié avec Facebook pour recruter de nouveaux adhérents.

Plus anecdotique, la société britannique SoundOut se sert d’outils d’analyses sémantiques pour prédire les futurs tubes musicaux. Amis artistes musiciens, il vous en coutera 300 $ pour savoir si votre morceau peut devenir un hit ! Très pointu aussi, Radionomy (Belgique) propose depuis 2008 à tout un chacun de créer gratuitement sa propre webradio ou d'écouter une quantité de radios en ligne, toutes créées et programmées par des utilisateurs. Cette plateforme Web d’un nouveau genre recense aujourd’hui 7 000 stations.

Côté vidéo, Machinima, leader américain de « l’Entertainment vidéo », a présenté l’exemple de "Mortal Kombat", une web-série dont le premier épisode aura été vu plus de 5 millions de fois sur Youtube et qui va devenir un film. L’occasion pour son cofondateur et PDG Allende Boise d’insister sur l’importance d’intégrer la « gamer attitude » issue de l’univers des jeux vidéos dans la conception des nouveaux contenus. Et d’appeler de ses vœux la création de contenus vraiment originaux. Freemantle Media (filiale de production de programmes TV de RTL Groupe) a profité de l’occasion pour présenter 3 exemples de programmes web innovants diffusés sur Youtube : "Sorted" (un programme de cuisine pour la jeune génération), "The Pet collective" (pour la communauté des amis des animaux) et "THNKR" (des idées, des initiatives qui vont changer votre esprit).


Ubiq 2012

Michael Swierczynski, du Département des éditions multimédias de l'Ina, a présenté à UbiQ l'offre en ligne de l'Institut (lire ci-contre).


Cette nouvelle dimension du consommateur hyper connecté impose aux décideurs de se doter de nouveaux outils pour mesurer et qualifier les audiences selon les supports. Destiné aux éditeurs de contenus soucieux de mieux adapter leur stratégie au changement d’habitude de consommation des utilisateurs, le nouvel indice vidéo trimestriel d’Ooyala, (leader de la gestion, publication, analyse et monétisation des vidéos sur Internet) vient de répertorier les principales tendances en matière de consommation de contenus vidéo en ligne. Pour les 200 millions de personnes touchées chaque mois par les contenus distribués via Ooyala à travers le monde, les vidéos de plus de 10 minutes représentent plus de la moitié des vidéos regardées au cours du premier trimestre 2012.

Une tendance qui devrait se poursuivre avec l’augmentation de films et émissions TV en ligne. Le trimestre dernier, la part globale de vidéo lue sur smartphones a augmenté de 41% et sur tablettes de 32%. « La manière dont les gens regardent la télévision a considérablement évolué, explique Sean Knapp, cofondateur d’Ooyala. Les gens ont désormais le pouvoir de choisir leur propre prime time. Le pic de consommation de contenus vidéo sur les tablettes et les smartphones les soirs de week-end et lors des trajets vers le travail montre à quel point l’expérience de visionnage de contenus se fragmente sur plusieurs appareils. Les éditeurs et les annonceurs ont tout intérêt à utiliser ces éléments d’analyse pour mieux comprendre la stratégie de monétisation à adopter à mesure que les tendances évoluent. » « Aux USA, notamment, où 61% des "tablonautes" ont déjà acheté un contenu destiné à leurs tablettes, une certaine typologie d’utilisateur est prête à payer pour télécharger des contenus vidéo premium et exclusifs à consommer sans contrainte sur tous leurs écrans, complète Philippe Bornstein, responsable Ooyala en France. Certains artistes ont d’ailleurs exploité sans tarder cette nouvelle forme de monétisation sans intermédiaire. »

De notre envoyé spécial, Olivier Sauvy

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Ina : toujours plus de visibilité

Aujourd’hui, l’Ina tire une part importante de son chiffre d’affaires de la publicité en ligne et du téléchargement payant (VOD) proposés sur son site grand public ina.fr. Responsable des éditions en ligne au Département des éditions multimédias, Michaël Swierczynski a profité de cette tribune très internationale pour annoncer la finalisation des accords avec YouTube et la mise en ligne de 60 000 vidéos sur 12 chaînes thématiques.

« Web, TV connectée, smartphones, tablettes, vidéos… Notre ambition est d’être présent sur tous les supports avec des contenus éditorialisés, explique Michael Swierczynski. D’un côté, nous monétisons notre offre éditoriale via nos players vidéos accessibles sur les sites des grands médias français. De l’autre, nous passons des accords avec des plateformes majeures comme Dailymotion (50 000 vidéos disponibles) et aujourd’hui YouTube, qui nous assurent la garantie d’un revenu minimum provenant des recettes publicitaires. »


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