Biographie

Repères

  • Né à Nancy, le 14 août 1910, où il fait ses études secondaires, Pierre Schaeffer sort de l'Ecole polytechnique en 1931. En 1932, il suit l'Ecole supérieure d'électricité, puis, en 1933 l'Ecole supérieure des télécommunications.

  • En 1934, il est affecté à la direction régionale des Télécommunications à Strasbourg.

  • De 1935 à 1943, il suit les cours d'analyse musicale de Nadia Boulanger.

  • En 1936, muté à la direction de la Radio à Paris, il commence ses travaux sur les conditions de retransmission des messages sonores.

  • En 1938, il entame une chronique sur la radiodiffusion dans la Revue musicale et crée Tobie, jeu dramatique. Publication de son premier roman : Clotaire Nicole.

  • Mobilisé en 1939 et démobilisé en juillet 1940, Pierre Schaeffer anime Radio Jeunesse en octobre, puis fonde Jeune France sous l'égide du ministère de la Jeunesse.

     

  • Fin 1941, il est nommé ingénieur à la radio de Marseille, où il rencontre Jacques Copeau.

  • En 1942, il organise le stage de Beaune sur la radio et les arts-relais avec Jacques Copeau. Il crée le Studio d'essai au sein de la Radiodiffusion française (RDF), et y enregistre La Coquille à planètes, opéra radiophonique, un entretien avec Paul Claudel, et L'honneur des poètes, œuvres des écrivains et musiciens de la Résistance .

  • Le 19 août 1944, Pierre Schaeffer est chargé de prendre la direction de la RDF, dont il est déchargé le 4 octobre. Responsable de la radio pendant la Libération de Paris, il diffuse l'Appel aux armes et donne l'ordre aux curés de Paris de faire sonner les cloches de la Libération.

  • En 1945, Le Studio d'essai devient Club d'essai qui passe sous la direction de Jean Tardieu . Nommé alors conseiller technique en matière d'études et de recherche, Pierre Schaeffer fait plusieurs missions à l'étranger. Il est expédié en Amérique, où il emporte les textes des poètes de la Résistance. Puis il prend la direction des services artistiques de la télévision.

  • L'année 1948 est marquée par la découverte de la musique concrète avec la composition des Etudes de bruits. Ainsi naissent les « primitifs » : étude aux chemins de fer, étude aux tourniquets, étude noire, étude violette, étude aux casseroles, dite « pathétique ».

  • En 1949, Pierre Schaeffer rencontre Pierre Henry. Les Enfants de cœur sont édités au Seuil, il poursuit ses conférences en France et à l'étranger et son travail de composition (Variations sur une flûte mexicaine, Suite pour quatorze instruments.

     

  • En 1950, il compose avec Pierre Henry, Symphonie pour un homme seul et Bidule en ut. Les premières manifestations publiques ont lieu.

  • En 1951, création du Groupe de recherches de musique concrète (GRMC) au sein de la radio. Pierre Schaeffer organise bientôt un premier stage.

  • Il compose avec Pierre Henry Orphée, dont la représentation à Donaueschingen en 1953 produira un scandale mémorable.

  • En 1952, il publie À la recherche d'une musique concrète au Seuil (réédité en 2010), réalise une première anthologie des œuvres du Studio d'essai et du Club d'essai, qu'il intitule Dix ans d'essais radiophoniques 1942-1952), qui ne sera publiée par la RTF qu'en 1955. Il compose Masquerage et Paroles dégelées.

  • En 1953, chargé de mission au ministère de la France d'outre-mer, il fait plusieurs études et mûrit le projet de créer la Sorafom (Société de radiodiffusion de la France d'outre-mer). Cette création est rendue officielle en 1955, puis la nécessité de former rapidement des professionnels originaires des pays d'Afrique, l'amène à créer le Studio-École à Maisons-Laffitte. Pendant son absence, Pierre Henry prend la direction du GRMC.

  • En 1955, le ballet de Maurice Béjart sur la Symphonie pour un homme seul va faire le tour du monde.

  • En 1957, Pierre Schaeffer est écarté de la Sorafom.

  • En 1958, le GRMC est réorganisé complètement. Il devient Groupe de recherches musicales (GRM), placé sous la direction de Pierre Schaeffer.

  • La même année sont composés : Etude aux allures et Etude aux sons animés.

  • Dès 1959, des réunions hebdomadaires de recherche lui permettent de présenter différentes expériences sur les « anamorphoses » entre musique et acoustique. Des manifestations de musique expérimentale ont lieu. La Revue Musicale, dirigée par Albert Richard publiera plusieurs numéros de cette recherche.

  • En septembre de cette même année, Pierre Schaeffer est chargé de généraliser à l'image ses recherches sur le son : c'est le début d'une nouvelle structure.

  • Il compose Etude aux objets.

     

  • En janvier 1960, la création du Service de la recherche est rendue effective. En mai et juin de cette même année, le premier Festival de la Recherche est organisé, au cours duquel sont proposés des concerts, des projections de films, des rencontres entre experts.

  • 1961 marque le début d'une recherche sur la communication grâce à la caméra et au filmage interne dans un premier temps. Le GRM entreprend un concert collectif. Pierre Schaeffer commence une série de conférences un peu partout dans le monde (Italie, Allemagne, Canada, etc.) qu'il illustre d'exemples audiovisuels. Il poursuit ses activités de création, de diffusion, d'édition (L'Aura d'Olga en 1962, Opérabus en 1965, Traité des objets musicaux en 1966, Solfège de l'objet sonore en 1967, La Musique concrète en 1967, etc.).

  • En 1966, Pierre Schaeffer restructure son service. C'est cette année aussi qu'il laisse la direction du GRM à François Bayle.

  • De 1967 à 1975, il est membre du CNRS.

  • En 1968, Pierre Schaeffer est nommé professeur associé au Conservatoire supérieur national de musique pour la classe de musique électroacoustique et de recherche musicale. Un an plus tard, le Service, reconnu « structure d'accueil » pour les jeunes chercheurs soucieux de communication audiovisuelle et pour de jeunes auteurs, devient un lieu d'expérimentation pour des formules d'émissions ou des modes d'expression et un lieu de recherche institutionnelle. La Revue musicale publie De l'expérience musicale à l'expérience humaine.

  • En 1969 paraît Pierre Schaeffer par Sophie Brunet, et réflexions par lui-même, ainsi que Entretiens avec Pierre Schaeffer, par Marc Pierret. Et Le Gardien de volcan.

     

  • En 1970 et 1972 paraissent les deux volumes des Machines à communiquer, au Seuil (réédités en 1998).

  • En 1970 est présenté au cinéma Le Ranelagh un bilan de la recherche sur les modes et systèmes de la communication audiovisuelle.

  • De 1971 à 1975, Pierre Schaeffer est président de la Commission de recherche du Conseil international du cinéma et de la télévision à l'UNESCO.

  • En juin 1974, Pierre Schaeffer, présente au public le résultat de 15 ans de recherche et d'expérimentations, au cinéma La Pagode. En août, après la partition de l'ORTF, sept sociétés distinctes sont créées dont l'Institut national de l'audiovisuel, inspiré par Pierre Schaeffer.

  • En 1975, dégagé de toute responsabilité institutionnelle, il propose à l'Institut de poursuivre des travaux de réflexion sur les modes et moyens d'expression. Il fait un bref retour à la composition musicale (Trièdre fertile, Bilude en 1979) et reste professeur au Conservatoire jusqu'en 1980. Dans le cadre du Haut Conseil de l'audiovisuel, il anime la commission VI (Prospectives et contenus) dont il est le président depuis 1974, puis en 1978, il rejoint le groupe V, entre autres activités (Commission de la qualité des œuvres de radio et de télévision, aide à la mise en place de réseaux spécifiques de communication tels que le Crepac avec Roger Louis, Radio-Cévennes avec François Billetdoux ou Antelim, puis Arcos, avec Yves Le Gall). Il écrit plusieurs articles de fond concernant la musique ou la communication puis entame plusieurs ouvrages.

  • De 1975 à 1979, il publie de nombreux articles sur la musique et la communication. En 1977, De la musique concrète à la musique même, (réédité en 2002 par Mémoire du Livre de Pierre Belfond, avec préface de Henri Dutilleux), et en 1978, Les Antennes de Jéricho.

  • En 1978, le service audiovisuel du CNRS l'accueille plusieurs mois pour quelques travaux de réflexion sur la communication audiovisuelle.

     

  • A partir de 1980, les dernières années de sa vie sont principalement vouées à l'écriture. Il publie plusieurs ouvrages de genres très différents (Excusez-moi, je meurs, Prélude, choral et fugue, Faber et Sapiens, Propos sur la coquille), écrit plusieurs articles, répond à des interviews, participe à des tables rondes.

  • Des émissions de radio et de télévision lui sont consacrées : en 1987, Entretien avec Michel Polac, dans les Etés de Droit de réponse, et deux émissions d'Océaniques, Mémoires du XXe siècle, par Jacques Perriault et Michel Huilliard.

  • En 1982, il reçoit le titre de membre honoraire de la faculté des Arts de l'Université de Tel Aviv. Il est membre d'honneur de l'association Phonurgia Nova, et de ses universités d'été de la radio, dirigées par Marc Jacquin. Il participe à des débats de l'Institut International de Musique Electroacoustique de Bourges. En 1987, il effectue une tournée de concerts et conférences au Brésil, organisée par Otavio et Ibis Soares Brandao.

  • En 1989, il est lauréat à Montréal du Prix Mc Luhan de la communication.

  • D'autres hommages lui sont rendus : à Beaubourg, à l'Ina, à la Cité des sciences, à Polytechnique, parmi d'autres...

Pierre Schaeffer meurt le 19 août 1995.

«Sources : Jocelyne Tournet-Lammer : « Sur les traces de Pierre Schaeffer », éditions de La documentation Française/ Ina, 2006), et compléments par Jacqueline Schaeffer.»

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